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Articles

Note de bas de page

Une petite promenade cévenole, qui s'inachève comme une note de bas de page, un jour, une fois, une année...

L’imperceptible

Comme une respiration, l’imperceptible est ce que l’on ne peut percevoir, au sens strict, et pourtant, c’est toujours quelque chose que l’on perçoit que l’on nomme imperceptible. Paradoxe sans aucun doute, qui dit bien la complexité de la réalité qu’il s’agit de percevoir d’une part, mais sous sa forme imperceptible d’autre part. C’est tout le jeu entre matière et immatière qui se donne ici, entre substantiel et insubstantiel, entre le perçu et le pensé. L’exemple flagrant de ce paradoxe est celui du monochrome, dont on entend souvent dire qu’en lui il n’y a rien à voir, or ce qui dans le monochrome se donne à voir, c’est avant tout une couleur, c’est ensuite une texture, c’est encore un rythme, une épaisseur, un espace, un temps, un mouvement, ne serait-ce que celui du pinceau, mais c’est aussi ce qui donne à voir le rien, une intention, l’évanescent, l’éphémère, le vide, comme une sorte de définition de l’imperceptible. Ce n’est pourtant pas de monochrome dont il va être ques...

Une certaine idée du droit...

Il y a des concepts qui me tiennent à cœur, et que j’aimerais voir développer par le droit international : le concept de « génocide psychique », et le concept d’« intention avérée de génocide », qui permettraient dans un cas de reconnaître l’intention avérée de mise en œuvre d’un génocide tout d’abord silencieux et invisible, qui ne soit pas seulement ethnique ou culturel, mais qui viserait plutôt des tranches de populations dans le monde, et dans l’autre qui interdirait la mise hors d’état de se défendre d’un génocide physique par un génocide préalablement psychique, ou encore un pur et simple génocide psychique perdurant dans le temps.  Dans le cas de l’intention avérée de génocide, on peut prendre l’exemple de certaines sociétés ou entreprises ou organisations qui à l’échelle mondiale promeuvent des produits certifiés toxiques et mortels pour l’humanité, le règne animal, végétal et la planète elle-même, on peut déduire de ce type de comportements sociaux, économiques ou marc...

Le juste, des lois, des paroles...

La justice selon les sources juives... Être c’est être avec l’autre, cela suppose l’éthique, et cela suppose la loi, et notamment dans Exode 20. 1-14 , les tables de la loi, c’est-à-dire les dix paroles. Dans le texte, il n’est pas question de commandement, mais de paroles liées entre elles. Le mot utilisé pour dire les paroles est kol hadevarim , c’est-à-dire littéralement ‘toutes les paroles’. Mais que ce soit le mot devarim qui soit utilisé montre que l’on a à faire au davar , c’est-à-dire à un langage où mot et chose sont de même nature, et où il y a un transfert de sens entre les 10 paroles qui se répondent entre elles. C’est donc à toute la parole divine que l’on a à faire, c’est-à-dire comme le montre le commentaire de Rachi dans Houmach avec Rachi , ‘ceci nous apprend que le saint béni soit-il a prononcé les dix paroles en une seule parole, ce qu’il n’est pas possible à l’homme de réaliser.’ [1] Une seule parole en réalité qui met en relation des droits et des devoirs...

La violence faite humanité

La violence faite aux femmes est un problème crucial de notre humanité, la violence faite aux hommes l'est tout autant et celle envers les enfants non moins cruciale. Mais la guerre des genres est une mauvaise réponse à une question mal posée. La banalisation de la violence a rendu cette violence normale et normative, à moins qu’elle ne l’ait toujours été. Mais cela touche à la question plus profonde de la violence vécue par tous et qui conduit à l'auto génocide de l'humanité par elle même. Se sentir violenté par une société en perte de droits et de libertés, et dans laquelle on ne se reconnaît plus, conduit à être violent soi-même dans une mesure que l'on ne reconnaît pas comme violente au vu de sa banalité et de sa normalité. Cela conduit de plus grands maux à devenir tolérés. Le slogan féministe "la femme n'est plus l'avenir de l'homme, qu'ils se démerdent" est une double violence faite aux femmes et aux hommes et qui passe inaperçue, el...

Les voix de la transcendance

Lorsque la voix se fait le visage de la transcendance… Le visage de la transcendance, ce n’est pas autre pensée que celle de Levinas pour qui le visage de l’autre est l’épiphanie du tout Autre. Ignore-toi toi-même dit Levinas, ne fais pas retour sur soi… Ainsi connais-toi toi-même, et une fois connu de toi, ignore-toi et vas... La voix lorsqu’elle s’élève sans ego produit cette trouée vers l’autre sans ce retour à soi qui forme comme une cristallisation de soi. Le chant défait le soi, bannit l’ego et remet nos histoires et nos fictions du côté de la non-existence. Qu’est-ce qu’une voix sans ego : une voix qui produit un son si intense et dense, que le corps intime, intérieur s’en trouve transformé, le son en soi se fait lumière, et cette lumière abolit les limites de la corporéité, efface la personnalité, le savoir, le caractère, et ne reste plus en soi que son et lumière, et aucune place pour un soi, quel qu’il soit. Lorsqu’une voix produit ce phénomène en soi, le son s’...

Histoires courtes: L'homme Massaï

Un jour un guérisseur Massaï s’avança vers elle, il lui dit: "Si vous pouviez nous aider, le feriez-vous?" Elle répondit: "Oui, mais comment puis-je vous aider?" "Dites au monde que nous avons besoin d'eau." "Mais comment dire au monde, quand je ne connais personne?" "Vous en aurez l'occasion, le ferez-vous? "Oui." Et le guérisseur Massaï disparut... Et je pleure les sons que fait la liberté quand elle se meurt

Parution: Les miroirs de l'être

J'ai le plaisir de vous annoncer la parution de: Les miroirs de l'être, Trois essais sur le vide : L'esthétique du presque rien , où comment l'affect de vide préside à l'élaboration de la pensée philosophique, scientifique, et artistique. L'aïsthésie du vide, où comment la danse contemporaine occidentale réinvente et rejoint une longue tradition de pensée japonaise, notamment sur l'espace et le temps, à travers la sensation de vide.. Être:Rien, l'idée de vide et le retour à l'origine de la pensée humaine , où comment le vide s'invite comme concept fondateur de la pensée bouddhiste, juive et heideggerienne, ainsi que dans les phénoménologies qu'elles sous-tendent. Table des matières: Livre I – L’esthétique du presque rien OUVERTURE Source du presque Ouverture au rien L'OEUVRE DU QUOI L’extrait de silence ou l’étonnement En quête de science Cette voie frêle qui interroge DE LA LUMIÈRE AU REGARD De l’origine à la sour...

Toute pensée a un visage...

Toute philosophie a un visage, toute pensée est incarnée, toute écriture est un corps, et en passe par le corps afin de se pouvoir exprimer, rien sans la personne, sans son affectivité, sans sa sensibilité ne pourrait être dit, car tout se dit depuis le cœur, depuis le souffle sur quatre temps, inspire suspension expire, suspension, une lettre, puis un mot, puis une idée, une pensée, tout concept procède d'un corps qui l'a vu naître et qu'il incarne, le corps de ma pensée a un visage:

Solstice de Blanca Li II

Souvent les mots coulent en moi comme une rivière, et je n'écris pas si je n'entends pas d'une manière fluide ce qui se voulait dire à travers moi, mais rarement j'ai écrit sous la dictée de ma propre pensée, comme je l'ai fait hier soir, en regardant cette pièce de Blanca Li,  Solstice , où dès le début et jusqu'à la fin le texte s'est écrit sans même que je ne regarde mon petit cahier où se chantait la pièce au fur et à mesure que je la voyais. La pièce est magnifique, et j'espère que mon texte lui rend honneur, mais surtout, j'ai fait l'expérimentation d'une intuition de la danse qui est comme une grâce, que j'ai vécu comme telle, bercée dans l'écriture par la beauté de la danse, des percussions et des chants qui étaient sublimes.  La danse, la musique, la poésie, la pensée nourrissent mieux que tout autre chose, et c'est un plaisir qui engage la vie la plus profonde qui s'écoule en soi le plus souvent comme un silence...

Coulée comme une rivière de mots au solstice des temps modernes…

Titre de la pièce : Solstice Chorégraphe : Blanca Li Percussions et chant : Bachir Sanogo Danseurs :   Yacnoy Abreu Alfonso, Rémi Bénard, Sandrine Chapuis, Iris Florentiny, Joseph Gebrael, Genci Hasa, Yann Hervé, Aurore Indaburu, Claire Indaburu, Samir M’Kirech, Gaël Rougegrez, Léa Sélomon, Yui Sugano, Victor Virnot. Feu Terre Eau Air… Le feu scintille, l’eau frissonne, l’air sue, la terre mue. Les volcans en éruption sonnent le glas de la terre, et l’on ne voit danser nul danseur, pris dans le flot d’une roche déchaînée. Le voile se terre, brume ténue sur les flots de l’existence. Entre murs pollués et strates géologiques, ombre chinoise de l’humain qui danse encore la percussion de la vie face à son propre désastre. Ni visibles, ni voilés, les gestes archaïques ramènent nos anciens au lieu de cette humanité mue par la terre, et dans le reflux d’une mémoire ancestrale, lève le voile de la terre. Tempérance… La gente humaine est toujours bavar...