Vie et auto affection Michel Henry veut retenir la vie ‘là où elle est : en nous, comme cela même que nous sommes’ [1] . Pour ce faire, il réhabilite Descartes dans une lecture originale par laquelle je pense veut dire je vis. La pensée est l’apparaître pour lui-même, et non les apparences que prend cet apparaître. Je suis vivant est une conséquence de la pensée elle-même qui est l’apparaître, c'est-à-dire l’être, c'est-à-dire encore dans le vocabulaire de Descartes la substance, la chose. ‘La chose n’est que l’apparition de l’apparaître et sa luisance.’ [2] Nous avons coutume de penser qu’avec Descartes apparaît le concept de conscience et que cette conscience est avant toute chose représentative, mais Michel Henry montrera que la conscience représentative n’est pas tout, et que ce qui y échappe, c’est précisément la vie. La vie que nous vivons n’est pas seulement un effet de ce que nous ignorons, l’affect qui échappe à la représentation n’est jamais ignoré, s’il est de l...
La philosophie poétique de la vie Être-rien, étude sur l’idée de vide et le retour à l’origine de la pensée humaine est le dernier volet d’une série d’études et de recherche qui s’origine dans un tout premier travail lequel n’a pas été écrit mais s’intitulait Philosophie poétique de la vie [1] et se préoccupait de la relation à l’autre et de la présence à soi à travers les symboles de visage et de désert. Ce travail s’acheminait dans la pensée de Lévinas et de la rencontre extraordinaire de l’autre qui engendrait et provoquait une présence à soi plus présente, plus originelle, au plus proche de ce que serait l’id-entité si ce terme avait un sens. La rencontre extraordinaire de l’autre réside en la rencontre de ce que l’autre a de plus étrange et étranger en lui et provoque une appréhension de soi sur le même mode, lorsque non seulement nous ne savons plus qui et quoi l’autre est mais aussi qui et quoi nous sommes nous-mêmes, sans plus nous attacher à définir et nous représenter ce ...